Chronique du jour – Journée nationale de l’évaluation (3eme édition) : l’institutionnalisation de l’évaluation au Gabon, enjeux et perspectives

Mercredi, 13 juin 2019 (GabonInitiatives) – La raison de cette publication est de développer le Thème sur lequel portait la 3ème édition de la JOURNÉE NATIONALE DE L’ÉVALUATION. Il s’agit de ” L’institutionnalisation de l’évaluation des politiques publiques au Gabon”.

L’objectif étant, pour les participants, de maitriser les processus et les critères de mesure du degré d’institutionnalisation de l’évaluation. A travers cet exposé vous allez découvrir les critères de l’institutionnalisation de l’évaluation des politiques publiques.

Ce qu’il faut d’abord retenir, c’est que le développement de l’évaluation au Gabon est porté par des élites. À la fin de la lecture de cet exposé vous serez capables de faire vous-même un état des lieux de l’institutionnalisation de l’évaluation au Gabon et dans n’importe quel autre pays, puis de mettre en place une politique nationale de l’évaluation.

PLAN DE CETTE CONTRIBUTION

1- Genèse de l’institutionnalisation de l’évaluation des politiques publiques au Gabon

2- Les critères de l’institutionnalisation de l’évaluation.

POINT 1
Le développement de l’évaluation est tributaire du type d’Etat dans lequel il se produit et de la nature des élites qui la portent. Au Gabon, depuis 2013, deux structures et deux personnalités sont porteuses de l’évaluation à savoir :

La Cour des Comptes, et la Société Gabonaise de Suivi et d’Évaluation des Politiques Publiques (SOGEVAL), respectivement dirigé par Messieurs Gilbert Ngoulakia, Premier Président de la cour des comptes, et Petit-Lambert Ovono, Évaluateur Certifié des politiques publiques, Président de SOGEVAL.

POINT 2: LES CRITÈRES D’INSTITUTIONNALISATION

Pour vérifier le niveau d’institutionnalisation de l’évaluation dans un pays, on s’appuie sur des critères dont:

• l’existence des structures organisationnelles *(1er critère).* Il s’agit des instances au niveau national. Au Gabon il existe les instances suivantes:

Au niveau du gouvernement on peut citer le bureau de coordination du plan stratégique Gabon émergent rattaché tout récemment au Secrétariat général du gouvernement;

Au niveau de l’administration, seul le ministère du budget et des comptes publics possède une direction de l’évaluation rattachée à la direction général du budget;

Au niveau parlementaire, l’Assemblée nationale vient de mettre en place des cellules d’évaluation au sein de chacune des huit commissions;
Au niveau des organes de contrôle, la Cour des Comptes fait merveilleusement le boulot.

Au Gabon, SOGEVAL est l’organe pivot en matière d’évaluation.

*Le deuxième critère* concerne l’existence d’une communauté épistémique.
Il s’agit au Gabon d’un réseau national de l’évaluation en construction; d’une société nationale de l’évaluation (SOGEVAL) qui dispose d’un blog pour informer régulièrement les gabonais sur l’évolution de l’évaluation dans notre pays. Le Gabon n’ayant pas encore mis en place ses propres standards d’évaluation, il s’appuie sur les normes de l’INTOSAI pour ce qui concerne la Cour des Comptes, et sur les standards de la Société Suisse de l’évaluation (La SEVAL) pour ce qui concerne SOGEVAL.

Enfin, le Gabon ne possède pas encore une revue d’évaluation.
*La pratique de l’évaluation est le troisième critère* d’institutionnalisation de l’évaluation.

Les secteurs des politiques évalués sont divers au Gabon. Y compris au niveau de certaines collectivités locales. Mais la culture de l’évaluation n’est pas encore ancrée dans les mœurs des gabonais, et l’évaluation des projets et programmes n’est pas ancienne.

Y a t’il une *volonté réelle des commanditaires pour évaluer ? C’est le quatrième critère* pour mesurer le degré d’institutionnalisation de l’évaluation au Gabon.

Au niveau du Gouvernement, cette volonté est désormais forte, le Chef de l’État l’a exprimé lui-même dans sa dernière allocution, et un nouveau ministre vient d’être désigné pour mettre cela en œuvre.

Au niveau du parlement, la volonté de commander les évaluations est encore faible, et presque inexistante au niveau de l’administration. Seuls font l’objet d’appel d’offres pour l’évaluation, les projets appuyés par les Bailleurs de Fonds.

Demain, nous traiterons des autres critères qui permettent de mesurer le degré d’institutionnalisation de l’évaluation au Gabon. Ce qui permettra de montrer l’échec du fameux comité scientifique mis en œuvre par les organisateurs de la 3ème journée nationale de l’évaluation.
Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
ÉVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES, PRÉSIDENT DE SOGEVAL

Crédit photo : DR

GI/PLO/FM/19