Chronique du jour : Le gouvernement prône enfin l’apaisement

Jeudi, 11 avril 2019 (GabonInitiatives) – Prenant conscience de la détérioration du climat social dûe à la vague de mécontentement des élèves, en réaction à la décision gouvernementale relative aux nouvelles conditions d’attribution et de prise en charge par l’état d’allocations de bourses aux étudiants, Michel Menga M’Essonne, Ministre d’Etat, Ministre de l’éducation nationale chargé de la formation civique, dans un souci d’apaisement, a décidé de la fermeture temporaire de toutes les écoles, collèges et lycées du Gabon pour une durée indéterminée.

Pendant cette période, le Gouvernement va réfléchir sur sa copie et faire des nouvelles propositions. A ce stade, nous versons trois idées au débat.

La première c’est sur la méthode utilisée par le gouvernement. Mieux que de prendre d’autorité des décisions qui empoisonnent le climat social, une telle réforme mérite une longue et patiente concertation et préparation à travers tous les canaux de communication. Une durée d’un à deux ans n’est pas trop longue pour mieux préparer l’opinion à s’approprier la réforme.

Ne l’ayant pas fait, le gouvernement est contraint de choisir l’arrêt des cours au primaire et au secondaire.

La deuxième idée à verser au débat consiste à soumettre la nouvelle copie à toutes les parties prenantes et à l’opinion publique pour une évaluation ex-anté de cette réforme, de recueillir le feedback et de décider en dernier ressort. C’est une méthode participative que le gouvernement gagnerait à appliquer à toutes ses réformes pour éviter de se retrouver en difficulté à l’avenir.

La troisième idée à verser au débat est notre contribution formulée il y a tout juste une semaine dans notre texto du jour du vendredi 5 avril 2019.

Dans ce post, nous recommandions au Gouvernement de retirer sa copie et de verser l’allocation d’études à tous les enfants gabonais en fonction du quotient familial de leur famille. On attribuerait un certain nombre de points à chaque famille. La base de l’allocation serait identique pour tous, et le montant à verser à chaque enfant serait calculé en multipliant cette base par le nombre de points attribués en fonction du quotient familial du candidat à la bourse.

Cette proposition est en phase avec celle de l’égalité de chances voulue par le chef de l’Etat, et contribue à la lutte contre la précarité des étudiants.

Le débat étant transversal, la balle est dans la camp du gouvernement et du parlement dont le silence étonne plus d’un.
Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
ÉVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES, PRÉSIDENT DE SOGEVAL

Crédit photos : DR

GI/PLO/FM/19