Chronique du jour : Evaluation de l’absence de changement au Gabon 1ère partie

Mercredi, 7 février 2019 (GabonInitiatives) – Fils d’un homme politique membre du Bloc Démocratique Gabonais (BDG) de feu le président Léon Mba, j’ai été initié très trop à la chose politique. Je regardais mon père recevoir les hommes politiques, discuter politique, écouter les informations que donnait notre poste de Radio, d’abord de marque Transitor, puis ensuite de marque Telefunken. Jai goûté très tôt aux délices que procurent la politique. Mais j’ai aussi compris très vite qu’avec la politique, on se fait vite des ennemis. 

Si dans les années soixante, les leaders connus ne juraient que par De Gaulle, Mitterand ou Marchais, que je prenais pour la figure tutélaire de la CGT, c’est parce que chacune de ces figures incarnait une idéologie bien précise. J’ai aussi connu très tôt le jeu des alliances et des intrigues politiciennes. On pouvait officiellement être membre du BDG, tout en poussant sa famille à voter l’UDSG de Jean-Hilaire Aubame.

Enfin, j’ai compris assez tôt le rôle des parlementaires, le poids des autorités administratives ( y compris des chefs de village et de canton), des autorités militaires et sécuritaires, ainsi que celui du secteur privé et de l’église.

En somme, en regardant les acteurs, le jeu semblait passionnant sur le plan idéologique, mais malsain sur le plan moral. Le poids du pouvoir s’imposait à travers l’administration et l’argent.

Mais avec la ténacité des opposants, incarnée chez nous par Simon Oyono Aba’a, l’opposition progressait parmi la population plus jeune et démunie, rendant le jeu politique plus dangereux. Le changement qui va s’opérer après la transition marquée par le coup d’État de 1964 sera incarnée par Albert Bernard Bongo.

Bien que planifiée, les étapes du processus seront mal définies, malgré une vision en trois piliers.

La mise en oeuvre en serait plus cahotique par manque de suivi et d’évaluation. Malgré d’immenses ressources financières, la ressource humaine pêchera par médiocrité, cupidité, et incompétence. Martin Bongo, ministre des Affaires étrangères de l’époque, avouera lors de son passage à l’émission ” Les Dossiers de la RTG” qu’on a fait appel à des bonnes volontés, sans préciser lesquelles.

Quels résultats pour le changement pouvait-on alors espérer?
La suite dans le prochain texto.

Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
Évaluateur certifié des politiques publiques.

GI/PLO/FM/19

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Petit-Lambert Ovono
MR PETIT-LAMBERT OVONO est Évaluateur certifié des politiques publiques, Ancien Diplomate, président de la société gabonaise de suivi-évaluation (SOGEVAL). Consultant International.