Chronique du jour : Evaluation de l’absence de changement au Gabon 2ème partie

Samedi, 9 février 2019 (GabonInitiatives) –  La théorie dur changement consiste à définir la mission ultime d’une organisation, c’est-à-dire sa raison d’être, puis de cartographier les étapes préalables nécessaires, afin d’arriver à accomplir la mission.

A son arrivée au pouvoir en 1967, trois grands dossiers de projets étaient sur la table de travail d’Albert Bernard Bongo (ABB): la situation politique post coup d’État, la construction du port en eau profonde d’Owendo, et la construction du chemin de fer Owendo-Bélinga.

Sur le plan politique, ABB va procéder à la dissolution des partis politiques et imposer un parti politique unique qui va naitre le 12 mars 1968.

Avec comme objectif de rechercher l’unité nationale, au bout de 30 ans d’existence, de parti unique, on a plutôt assister à l’exacerbation du tribalisme, du régionalisme, du népotisme, et à une géopolitique au rabais.

De changement espéré véritable, il n’y en a point eu, mais un recul considérable des libertés publiques, et de la démocratie.

Au plan économique, si le port en eaux profondes a été construit à Owendo, le chemin de fer Owendo-Belinga n’a jamais vu le jour. A la place, plusieurs autres infrastructures ont été réalisées. Leur impact, certes positif à cours terme, s’est révélé négatif à long terme, étant donné que la majorité de ces infrastructures sont dans un état de ruine ou de délabrement avancé.

Une évaluation à posteriori, fondée sur la relecture des documents de stratégie, sur l’audition des intervenants et par l’analyse des données, montrent qu’il y a eu un début de changement, mais que tout s’est abîmé par la suite jusqu’en 1990, date de la conférence nationale, événement qui va marquer le seconde transition, puis ouvrir la voie de retour au multipartisme intégral, et à le démocratie. Les résultats obtenus depuis lors, feront l’objet du prochain texto.

Bon week-end.

PETIT-LAMBERT OVONO
Évaluateur certifié des politiques publiques.

GI/PLO/FM/19