Chronique du jour : les critères de l’institutionnalisation de l’évaluation ( suite et fin)

Jeudi, 13 juin 2019 (GabonInitiatives) – La 3ème journée nationale de l’évaluation qui avait pour thème “l’institutionnalisation de l’évaluation” n’ayant pas débattu de l’institutionnalisation de l’évaluation, la présente contribution de SOGEVAL a pour but de restituer le débat sur le thème du jour et d’édifier les participants.

Hier, nous avons commencé par vous montrer que le niveau de l’institutionnalisation se mesure à travers des critères. C’est ainsi que nous examiné quatre critères.

Aujourd’hui nous examinons *le cinquième critère*. Il s’agit des clauses d’évaluation que sont la réglementation, la loi, et la Constitution.  Sur ce plan, le Gouvernement a institué la journée nationale de l’évaluation par un arrêté du premier ministre et l’évaluation est désormais inscrite dans la Constitution gabonaise (Artivle 36).

La pratique effective de l’évaluation est *le sixième critère* de mesure de l’institutionnalisation. Elle concerne le nombre d’évaluations et de méta-évaluation réalisées, le nombre d’évaluateurs actifs, le nombre d’appels d’offres public pour des missions d’évaluation, le nombre de parts du budget public investi dans l’évaluation.

Le nombre d’évaluations, d’appels d’offres, d’évaluateurs et de part de budget introduit la notion de triangle des acteurs de l’évaluation. Autrement dit, il s’agit de la relation entre les commanditaires de l’évaluation, les évaluateurs, et les bénéficiaires des évaluations.

Au Gabon, seuls les partenaires techniques et financiers commandent des évaluations des projets qu’ils appuient. Réduits à une dizaine, le nombre d’évaluateurs qui postulent ne dépasse guère une douzaine et leurs montants ne sont pas communiqués.

Enfin, la Routinisation du recours à l’évaluation est *le septième critère* d’institutionnalisation. Elle concerne:

Le Développement des compétences en évaluation des commanditaires et évaluateurs/trices; l’Amélioration de la qualité des évaluations; la Meilleure acceptation de la pratique d’évaluation; une Utilisation effective des résultats; le Développement de la capacité d’apprentissage; bref, cela permet d’avoir des politiques publiques plus efficaces et efficientes, et une gestion publique plus performante et transparente.

Ainsi démontré, la 3ème édition de la journée nationale de l’évaluation a parlé de tout, sauf de l’institutionnalisation. Ce qui est bien dommage !
Prochainement nous montreront les leçons tirées de la comparaison des processus d’institutionnalisation de l’évaluation dans 4 pays y compris le Gabon.

Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
EVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES, PRÉSIDENT DE SOGEVAL

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GI/PLO/FM/19