Chronique du jour – Bourse jusqu’à 19ans : le gouvernement doit revoir sa copie

Vendredi, 5 avril 2019 (GabonInitiatives) – Le gouvernement veut réduire les charges de l’État pour redresser les finances publiques, c’est ainsi qu’il chercher à raboter partout pour trouver des marges de manœuvre, réduire ainsi sa dette, et relancer les investissements.

Mais le premier investissement durable d’un État est la formation et l’éducation de ses enfants, de sa jeunesse, car c’est le Gabon de demain.

Si les bourses payées aux étudiants gabonais s’élèvent à 72 milliards de Fcfa annuellement, de combien le gouvernement veut-il réduire ce montant pour la participation à l’effort commun de réduction de la dépense publique?

Le gouvernement ne le dit pas. Il semble plutôt imposer sans concertation de toutes les parties prenantes, des réformes injustes, qui violent le sacro-saint principe de l’égalité des chances, et qui mettent en danger l’avenir de notre pays.

En effet, le projet de décret adopté en conseil des ministres, qui restreint les conditions d’attribution des bourses prises en charges par l’État gabonais, et stipule que seuls les élèves âgés au maximum de 19 ans et ayant obtenu au moins 12 sur 20 au baccalauréat ou un diplôme équivalent reconnu par l’État, pourront désormais obtenir une bourse d’étude. Ce décret est aux antipodes de la réalité sociologique gabonaise.

Les conditions d’attribution, de transfert, de suspension, de suppression, d’orientation, de réorientation de bourses doivent être revues et remplacées par les propositions suivantes que je formule depuis plus de 20 ans, du temps où Michel Essonghé était président de la commission nationale des bourses et stages.

Pour assurer l’égalité de chances à tous les enfants gabonais, l’État doit instituer une allocation mensuelle de base identique pour tous les enfants gabonais. Il doit ensuite attribuer un certain nombre de points à chaque famille selon son quotient familial qui s’obtient en divisant la somme totale des revenus d’un couple par son nombre d’enfants y compris les deux parents.

Ce sont ces points qu’on multipliera par l’allocation de base pour obtenir la bourse de chaque enfant.

C’est cette formule qui est juste et équitable. Car, on peut se demander comment le fils d’un PDG d’une entreprise comme Total, la CNAMGS, ou la GOC…, qui a un revenu de plus de 8 millions de CFA par mois, peut bénéficier de la même bourse qu’un enfant d’un paysan qui n’attend que le produit de sa plantation pour nourrir sa nombreuse progéniture.

Ces deux enfants n’ont assurément pas la même chance pour poursuivre leurs études.

En revanche, on voit bien que seul le quotient familial, qui attribue un certain nombre de points à chaque famille, qu’il faut ensuite multiplier par l’allocation de base, permettra aux familles de respirer et de calmer leur grogne qui monte.

Les personnes âgées de plus de 35 ans et qui ne sont plus considérées comme des jeunes, auront droit à une deuxième chance à travers l’accès au crédit bancaire garanti par l’État et remboursable.
Telles sont nos propositions.

Nous invitons respectueusement le premier Ministre à revoir sa copie pour la sérénité dans le pays.

Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
ÉVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES, PRÉSIDENT DE SOGEVAL

Crédit photo : DR

GI/PLO/FM/19