Chronique du jour : les 10 d’appel à agir ont-ils gagné la bataille de l’opinion ?

Mercredi, 28 août 2019 (GabonInitiatives) – C’est la conclusion du post publié par notre compatriote “Jean Valentin Leyama (JVL)” qu’on ne présente plus.
Enseignant du supérieur, ancien directeur général du FER2, ancien député, ancien directeur de cabinet adjoint du président de la République, ancien Conseiller politique du Chef de l’État, ancien président de la prestigieuse école des Mines de Moanda, Expert en finances, l’avis de JVL est intéressant en ce sens qu’il démontre point par point que la justice est bien structurée dans notre pays et qu’elle fait bien son travail. Aussi, elle devait se déclarer incompétente lors de l’examen dans le fond de la demande d’expertise médicale des “10” devant la Cour d’Appel de Libreville.

Mais ce que JVL ne veut pas dire, c’est que cette affaire a fait une victime qui n’a pas fini de payer d’avoir écouté l’opinion. Partant de là, la décision du Secrétaire général de la chancellerie n’a rien de politique, ce n’est point une immixtion dans les affaires de la justice, ni un non-respect de la séparation des pouvoirs.

C’est donc bien une décision administrative. La vérité est que les uns et les autres n’ont pas évalué ex anté tous les scénarios possibles de la décision de Paulette Ayo Mba, dont son impact auprès d’autres parties prenantes que la seule opinion publique, qui s’est réjouie un peu trop vite de la décision de la cour d’appel d’examiner l’affaire dans le fond le 26 août, sans s’interroger sur la validité même de cette décision auprès des autres instances judiciaires.
Et ce qui devait arriver, arrivat.

En ce sens, on peut se demander quelle bataille l’opinion a gagné?
Celle de l’animation de la galerie ou celle de la réjouissance de la suspension, qui serait suivie plus tard de la sanction contre Mme Akolly? Ainsi compris, ” la conclusion ” du post ci-dessous de JVL de la victoire des “10 d’appel à agir” nous ” semble “machiavélique.

Bon réveil et bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
ÉVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES, PRÉSIDENT DE SOGEVAL

Appel à Agir : Mon Intime conviction…de Jean Valentin Leyama

Kieee, je vois comment tu as arrêté ton souffle ! Tu te dis, ça y est, lui aussi va s’y mettre. Comme son homonyme de syndicaliste ! Ooh, pardon, si tu attends le mot-là, c’est pas dans ma bouche que tu vas manger piment ! Moi, je veux te parler des 10 de Appel à Agir. Les gars-là sont forts, quoi !

Voilà des gens hyper-intelligents qui ont engagé une procédure en justice, parfaitement conscients que c’était perdu d’avance ! Pourquoi ? D’abord, on se connaît dans notre petit pays-là et dans leur groupe, j’y compte de solides et séculaires amitiés. Alors, quand tu les vois, c’est des gens qui ne croient pas à l’impartialité de la justice gabonaise. Justice que du reste, ils n’ont jamais cessé de brocarder, comme beaucoup d’entre nous, d’ailleurs ! Alors, pourquoi malgré tout, ils l’ont saisie ? Je garde le suspens pour la fin, comme ça tu vas continuer à me lire.

Ensuite, l’expertise médicale est demandée contre qui : la personne d’ABO ou ABO Président ? C’est deux individus différents ! Mais nos ingénieux ont sciemment entretenu le flou entre les deux, selon la technique classique, si je rate ici, j’attrape là ! Malins, non ?

Dans les deux cas, c’était perdu d’avance. Je vais te dire pourquoi.
1. Expertise médicale contre la personne d’ABO. Question : quel est votre intérêt à agir ?

Car, c’est une prérogative réservée à la famille de l’illustre intéressé, dans le cas où celle-ci soupçonnerait que, en raison de son état de santé, celui-ci a été conduit à prendre des décisions contestables du point de vue de l’équilibre de la famille. Du genre, déshériter injustement X au profit de Y. Ou faire des cessions gracieuses de patrimoine à une tierce personne dont il est dépendant, un collaborateur, le médecin, par exemple. Pour faire annuler ces transactions, la famille saisit alors le tribunal, une demande d’expertise médicale à la clef, afin de démontrer le délit d’abus de faiblesse contre le bénéficiaire de ces largesses.

Pour prendre un exemple célèbre d’ailleurs, Liliane Bettencourt, héritière de la non moins célèbre maison de cosmétiques L’Oréal, première fortune de France, malade et très âgée, avait fait des dons d’une valeur approchant le milliard d’euros à son ami et confident, le photographe mondain François-Marie Banier. Sa fille, Françoise Bettencourt Meyers avait porté plainte contre ce photographe pour abus de faiblesse présumé.

Conclusion : sur le volet personnel, Appel à Agir n’a aucun intérêt à agir !
2. Expertise médicale d’ABO Président. Objectif : déterminer les capacités cognitives du Président à gouverner en vue d’obtenir, le cas échéant, la déclaration de la vacance.

En principe, toutes les juridictions ordinaires, y compris la Cour d’appel, vont tour à tour statuer… sur leur incompétence à statuer, renvoyant l’affaire devant la Cour Constitutionnelle.

Je n’invente rien. C’est dans la Constitution et nos amis le savent là aussi parfaitement. Comme ils savent aussi que, en vertu de cette même constitution, le Chef de l’État jouit d’une immunité totale, sauf haute trahison, et de ce fait, ne peut être ni entendu, ni poursuivi !

Alors, pour résumer :
1. Nos amis et plusieurs d’entre nous, du reste, ne croyons pas à l’impartialité de la justice.
2. Que ce soit contre ABO individu ou contre ABO président, leur démarche n’est pas fondée en droit. Ils le savent, mais pour le coup politique, c’est réussi !
Voilà un procès dont les conclusions étaient connues d’avance. Le Tribunal de Première Instance se déclare incompétent. Les plaignants font appel. La Cour d’appel se déclare elle, aussi, incompétente. Les plaignants forment un pourvoi en Cassation. La haute juridiction confirme la décision de la Cour d’appel. Fin.
Contre toute attente, deux maladresses monumentales vont donner au procès son retentissement actuel.

D’abord, l’injonction de la Cour de Cassation à la Cour d’appel en vue d’un sursis à statuer. La haute juridiction aurait dû attendre le pourvoi ou des plaignants ou du Parquet pour se prononcer en dernier ressort et casser le jugement de la Cour d’appel.

Ensuite, la suspension de la Présidente de la Cour d’appel, expression d’une fébrilité au sommet de l’État.

Quelle que soit l’issue du procès, les 10 ont déjà gagné par forfait et sans forcer. Le succès tient en ce qu’ils ont atteint leur véritable objectif. Non pas obtenir la déclaration de vacance, mais démontrer une nouvelle fois la partialité de la justice ainsi que ses turpitudes et gagner la bataille de l’opinion.
En cela, je dis : Bravo les artistes !

JVL.

GI/PLO/JVL/FM/19