Bonne gouvernance: Un député indexé par les populations dans l’Ogoulou

L’honorable Alain Simplice Boungoueres accusé par ses populations d’être en connivence avec les chinois dans l’exploitation illicite de l’or de la forêt sacrée d’Ikémbélé

Mouila, 01 novembre 2017 (GabonInitiatives) – Le parlementaire, Alain Simplice Boungoueres, élu du 2ème siège du département de l’Ogoulou se trouve être mêlé dans un saccage de forêt classée sacrée par les traditionnalistes fans de l’historique guerrier Mbombet-A-Gnangué.

La colère de la communauté Tsogho dans le 2ème siège du département de l’Ogoulou est visible, les populations autour de la forêt sacrée ”sanctuaire du guerrier” Mbombet-A-Gnangué ont lancé une pétition contre les chinois et leurs complices locaux.

Les peuples conservateurs des richesses culturelles et des traditions demeurent jaloux de leurs patrimoines, le cas des populations Tsogho dans l’Ogoulou. Ils dénoncent la violation de la forêt sacrée du guerrier Mbombet-A-Gnangué.

Aux villages Ikembélé et Eghoumbi, des voix s’élèvent pour dénoncer la présence des chinois en pleine exploitation des mines d’or. Des chinois proches du dossier n’hésitent pas à citer le député Alain Simplice Boungoueres du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et le chef de canton, Pascal Missounga qui auraient autorisé cette pénétration.

Dans la pétition des villageois, la menace n’est pas à prendre à la légère : « si vous n’arrêtez pas, les conséquences seront irréversibles et irréparables pour les auteurs. L’exploitation illégalement des mines est sanctionnée par les lois gabonaises, le député du coin le sait parfaitement, mais il fait fi. Le président de la République Ali Bongo Ondimba défend l’environnement, rien d’autre n’expliquerait l’irrespect du député, Alain Boungouéré si ce n’est le gain facile. Peut-il défier le Chef de l’Etat ? »

Pour les conservateurs de la forêt sacrée, cet acte va couter cher à l’honorable « violeur des lois et des us coutumiers », Alain Simplice Boungoueres. Ces derniers ont promis d’invoquer tous les esprits de la forêt et sanctuaire de Mbombet-A-Gnangué parce que disent-t-ils, les Tsogho ont du respect pour le bondo (rituel sacré mortel invoqué pour combattre le mal et toute autre forme de violation contraire à leurs us et coutumes).

Les populations sont déterminées à faire respecter la loi du bondo. Les chinois saccagent la forêt depuis plus de 10 mois. Les défenseurs de l’environnement ont été saisis, notamment les membres de l’ONG Muyissi Environnement, à Mouila, chef lieu de la province de la Ngounié au sud-Gabon.

Dans son rôle de surveillance, l’ONG Muyissi Environnement, membre à part entière du groupe d’intérêt EITI Gabon, au même titre que Publiez ce que vous payez (PCQVP) et l’Observatoire de la promotion du développement durable des produits et des services des industries du Gabon (ODDIG), les chinois seraient sur les pistes du marocain Managem qui se fait aussi du beurre depuis plusieurs années à Etéké et Massima.

« Comment comprendre que depuis des années, Managem se situe toujours au stade de prospection alors que l’or sort de ces zones riches en minerais », s’interroge l’ONG qui interpelle les autorités compétentes à prendre leurs responsabilités.

Les rivières Mikondjo et l’Ogoulou sont impactées, les communautés autour s’empêchent de consommer l’eau et d’y pêcher, selon elles, les eaux sont devenues trop troubles. Aussi, une partie de la forêt sacrée du guerrier Mbombet serait atteinte par les activités des chinois à l’exemple de la fosse commune où sont enterrés des milliers de soldats du temps de la bataille coloniale.

Le gouverneur de la Ngounié, Benjamin Nzigou est sur le point de se rendre aux villages Ikembélé et Eghoumbi pour s’enquérir de la situation.

Le Gabon a adhéré à l’ITIE en 2004 pour en être suspendu le 27 février 2013 du fait notamment de certains dysfonctionnements apparus dans le fonctionnement de son Groupe d’Intérêt (GI-EITI Gabon).

Dès lors, le Gabon qui a entamé les démarches pour réintégrer l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) ne saurait compromettre son processus  d’« actualisation et la finalisation du plan de retour du Gabon à l’ITIE ainsi que le plan d’action stratégique 2018-2020 » et le « redémarrage des activités (sessions ordinaires et extraordinaires) du GI-EITI Gabon », notamment.

Dans cette initiative internationale, le Gabon qui s’est donné pour objectifs de respecter les normes ITIE s’est aussi engagé à combattre la corruption et le détournement de fonds, afin que la richesse générée soit un moteur de la croissance économique et contribue au développement durable et à la réduction de la pauvreté, notamment en milieu rural, que l’honorable Alain Simplice Boungoueres et ses affidés essayent d’exploiter à leur profit.

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) promeut la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité dans l’utilisation des revenus issus de l’extraction pétrolière, gazière et minière dans les pays riches en ressources naturelles.

Selon la Banque Mondiale, les résultats en matière de croissance dans plusieurs pays en développement riches en ressources naturelles ont été en dessous de la moyenne et leurs citoyens vivent dans une pauvreté persistante en raison du manque de transparence et de la corruption engendrée par les défaillances de gouvernance. C’est à travers cette démarche que la société civile gabonaise membre de cette initiative cravache pour accompagner le gouvernement afin que leurs déclarations ITIE soient aussi compréhensives que transparentes pour tous.

GI/OG/NN/FM/17