Bois abandonnés : la discrète opération de récupération se poursuit

Pour lutter contre le gaspillage des essences forestières coupées illégalement, le ministère des Eaux et Forêts a lancé il y a quelques mois, une opération de récupération des bois abandonnés sur l’ensemble du territoire. Celle-ci se poursuit indique le ministère.

Grégoire Matumba

Les coupes illégales des bois sont récurrentes dans les concessions forestières au Gabon. A défaut d’être commercialisés par les auteurs de ces coupes, ces bois sont souvent abandonnés dans des parcs un peu partout à travers le Gabon. Pour valoriser ces essences, le ministère des Eaux et Forêts vient de confirmer la poursuite de l’opération de récupération de ces bois, lancée il y a quelques mois.

L’enjeu de cette opération est de mettre fin à l’exploitation sauvage et illégale des ressources forestières. Les provinces de l’Ogooué-Ivindo et du Woleu-Ntem ont été les premières à accueillir cette opération. Elle vise selon le Prof. Lee White, ministre des Eaux et Forêts, à mettre fin aux pratiques de coupes et d’exploitation illégales du bois, source de dégâts sociaux, économiques et environnementaux. Ce, toujours selon le ministre, d’autant plus que « les bois abandonnés ou exploités sans autorisation sont la propriété de l’État qui peut légitimement procéder à leur valorisation ».

Au-delà de la simple valorisation de ces ressources forestières et de la régulation environnementale qui s’y prête, cette opération est aussi un moyen de lutter contre les pratiques de corruption. Ainsi, sur la base d’une concertation avec les communautés locales, une partie des revenus issus de la valorisation des bois abandonnés sera reversée aux populations locales sous forme de financement direct de projets de développement communautaires tels que l’hydraulique villageoise, l’électrification des villages, la construction ou l’appui au fonctionnement d’écoles, le renforcement des infrastructures sanitaires et routières, et ceux liés à la gestion du conflit homme-faune.

Il faut toutefois noter que malgré cette démarche officielle du ministère des Eaux et Forêts, l’administration dirigée par le Prof. Lee White est critiquée pour le manque de transparence de cette opération. C’est le cas de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et industrie (CGPMEI) qui, il y a quelques mois, dénonçait l’exclusion des exploitants forestiers nationaux au profit des expatriés.