Audition au CESE : Le ministère du budget juge insuffisant le financement de l’environnement et du développement durable

Libreville, 7 mars 2019 (GabonInitiatives) – En réponse à la problématique soumise par les conseillers membres du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), réuni depuis le 12 février dernier en sa première session ordinaire de l’année, l’inspecteur général des services au ministère du budget et des comptes publics, Jean François Dossou représentant le Ministre d’Etat empêché, a jugé insuffisant le financement de l’environnement et du développement durable au regard des enjeux environnementaux à l’échelle mondiale.

En invitant le Ministre d’Etat en charge du budget, le CESE a voulu s’enquérir des actions menées par le Gouvernement en faveur du financement de la politique de l’environnement et du développement Durable. Pour le Gouvernement à travers le ministère du budget, la problématique relative au développement durable et des programmes de préservation de l’environnement, essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique constitue une de ses priorités.

Le représentant du Ministre d’Etat au budget, a rappelé aux conseillers membres du CESE qu’en tant que leader des questions climatiques en Afrique, le Gabon, premier pays africain a avoir présenté aux Nations-Unies son Plan Climat, a introduit lors de la dernière COP 24 en Pologne un plan d’investissement incluant pour les cinq prochaines années les priorités que sont : la forêt, les hydrocarbures, l’électricité, l’adaptation du littoral, l’information climatique, l’agriculture et les mines.

Pour marquer son engagement dans ce domaine, M. Dossou a rappelé que le Gouvernement a adopté un cadre institutionnel regroupant les structures œuvrant en faveur du développement durable, la conservation de la biodiversité, l’amélioration du cadre de vie ainsi que la préservation de l’environnement que sont le Conseil National Climat, l’Agence d’Exécution de la Filière Bois – Forêt, le Fonds Forestier National, l’Agence Nationale des Parcs Nationaux, le Centre National Anti-pollution, le Conseil National du Développement Durable et le Programme National de Gestion des Informations Environnementales.

Sur les éléments d’analyses portés à la connaissance des conseillers membres, il a souligné que dans la recherche des résultats et de l’optimisation des dépenses publiques, le Conseil National de Développement Durable et le Fonds Forestier ont été supprimés et, mission a été donnée aux acteurs œuvrant dans le domaine de mobiliser des ressources auprès des institutions internationales.

Retraçant les financements budgétaires effectuées lors des trois dernières années par tous les acteurs de la politique environnementale et du développement, il ressort que le Conseil Climat a capté en 2018 plus de 1millions 700 dollars US sur une volonté de mobilisation de près de 20 millions de dollars US pour le financement de divers projets.

A cet effet, répondant aux interrogations du CESE sur la mobilisation financière, sa flexibilité et son impact sur la dette extérieur, l’inspecteur général des services a souligné la nécessité d’associer à cette démarche, le ministère en charge de l’environnement, à l’origine des mécanismes des financements en même tant que le ministère de la mer.

S’agissant particulièrement du financement budgétaire, les dotations contractées par le Gouvernement lors de ces trois dernières années en matière de politique environnementale sont en net progression. Ces financements sont passés de près de deux milliards en 2016 date de l’engagement du Gabon à l’Accord de Paris pour le Climat à près de 4 milliards 300 millions de FCFA en 2019. Ce qui traduit la volonté du Gouvernement à faire de ce secteur un domaine de prédilection.

Le représentant du Ministre du budget a indiqué que malgré les efforts effectués, ces ressources demeurent toujours insuffisantes au regard des enjeux environnementaux à l’échelle mondiale.

« Ainsi, les acteurs nationaux engagés dans la politique de l’environnement et du développement durable ne cessent de consacrer des efforts supplémentaires à la recherche des financements auprès des états et bailleurs engagés dans ces questions », a-t-il situé.

Ouverte le 12 février dernier, la première session ordinaire de l’année du CESE qui se referme le 14 mars prochain, auditionne depuis le 4 du mois en cours les membres du Gouvernement et autres personnalités choisies par les conseillers membres par rapport au thème de cette consultation prévue durée 21 jours conformément à la constitution gabonaise.

GI/MKKM/FM/NN/19