Atelier régional sur la lutte contre l’exploitation illégale du bois

Un atelier sous-régional sur la lutte contre l’exploitation illégale de bois s’est tenu à Libreville du lundi 15 au vendredi 19 mai. Autour de la même table des acteurs de ce combat ont évoqué le rôle primordial de la justice. 

Plus de 30 représentants des gouvernements du Gabon, du Cameroun, de la République du Congo et de la RDC séjournent à Libreville depuis le lundi 15 à l’occasion d’un pour sous-régional du bassin du Congo sur la lutte contre l’exploitation illégale de la forêt. Le bassin du Congo est considéré comme le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie mais les efforts consentis jusqu’à lors n’ont pas encore permis d’en arriver à une gestion durable des forêts.

Parmi les participants, il faut relever la présence de magistrats et d’enquêteurs en criminalité environnementale. Parmi eux, quelques uns avaient déjà assisté à une formation initiale tenue à Douala, au Cameroun, en 2016.

Les formateurs viennent du Département de la justice des États-Unis, du service forestier américain, du Département américain de la Sécurité intérieure ainsi que du Service des Pêches et de la Nature. Cet atelier a été financé par le bureau du Département d’Etat en charge des affaires environnementales et scientifiques internationales. Mais il faut aussi souligner la forte contribution des partenaires gabonais.

Des présentations ont été réalisées par des magistrats gabonais, le projet CAF (Contrôle de l’Aménagement Forestier) du Ministère en charge des Forêts, l’Agence Nationale de Protection de la Nature et l’ONG Conservation Justice, tous actifs contre le trafic de bois et l’exploitation illégale des ressources naturelles. Les magistrats Alain Georges Moukoko, ancien Procureur de la République de Makokou actuellment en service à la Cour d’appel de Franceville, et EMma Nganga Kouya, ancien président de la Cour d’Appel du Tribunal Spécial, ont ainsi édifié les participants sur les dispositions légales et les combats menés au Gabon.

La démarche est appréciée notamment de l’ONG Conservation Justice qui est un acteur majeur de  la lutte contre l’exploitation forestière illégale. Luc Mathot, son directeur exécutif a indiqué que « Cet atelier de formation a rappelé l’importance que la justice s’engage pour lutter contre l’exploitation forestière illégale. Seules des procédures légales strictes peuvent en effet dissuader les exploitants illégaux. Aussi, leur implication et les infractions ne concernent nullement que le domaine forestier. Il y a en effet du blanchiment d’argent, le non-respect de la fiscalité avec des pertes énormes pour l’Etat, la corruption, et des trafics divers. Seule une collaboration pragmatique entre services étatiques et une volonté forte du Gouvernement peuvent dissuader les trafiquants et exploitants illégaux pour que le pillage des ressources de l’Etat Gabonais diminue. Or, le Gabon a déjà montré des résultats forts qui montrent que c’est possible. Il faut « juste » que cela soit régulier et se généralise ».

L’abattage illégal et le trafic du bois sont un crime transnational. Dans un rapport de mars 2017 intitulé «La criminalité transnationale et les pays en développement», l’ONG Global Financial Integrity a identifié le commerce du bois illégalement enregistré comme la troisième forme de criminalité transnationale la plus lucrative à l’échelle mondiale, après la contrefaçon et le trafic illicite de drogue. Le rapport a également relevé que 50 à 90% du bois d’œuvre d’Afrique centrale était acquis illégalement.

 

GI/SM/YKM/17