Allocution du Chef de l’Etat gabonais à la COP22

img_3328Allocution de S.E. Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat à la 22ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques COP 22, Novembre 2016. Marrakech, Maroc: intégralité.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies, Madame le Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques,

Je voudrai entamer mon propos de ce jour par un premier constat : Juillet 2016 a été le mois le plus chaud jamais enregistré depuis 1880.

Mon deuxième constat est plus heureux : Dans l’histoire des instruments onusiens, peu d’accords ont connu l’engagement et la célérité qui caractérisent l’Accord de Paris sur le Climat adopté par 196 Parties au Bourget en décembre 2015 et est entré en vigueur le 4 novembre dernier.

Qui se souvient encore que le Protocole de Kyoto adopté en 1997 a attendu 7 ans pour parvenir au même point ?

On ne peut donc que se féliciter d’une telle détermination qui marque une réelle prise de conscience des enjeux climatiques et à laquelle mon pays, le Gabon, a toujours pris sa juste place. En effet, et en dépit d’un contexte national peu favorable, nous avons rempli notre part du contrat dans le strict respect de nos normes constitutionnelles. Car, en cette matière comme en d’autres, notre action doit toujours être guidée par deux principes: la souveraineté exprimée par les représentants de la Nation et la primauté du droit.

Ainsi, après le vote de la loi autorisant la ratification de cet Accord, la Cour constitutionnelle a été saisie pour en vérifier la constitutionnalité avant que le Président de la République ne signe l’instrument de ratification déposé ensuite aux Nations Unies.

Ce processus de ratification a permis aux différentes chambres du Parlement, comme à la Cour constitutionnelle de s’approprier l’enjeu et d’affirmer la volonté du peuple gabonais à faire partie de la solution.

C’est donc au nom du peuple gabonais, que je réitère l’engagement

inconditionnel du Gabon à lutter contre le changement climatique et à promouvoir un développement durable consistant concrètement à ne pas renoncer au développement sans pour autant insulter l’avenir.

Mesdames et Messieurs,

L’engagement du Gabon est connu. il s’exprime dans notre Contribution

Nationale visant à réduire de 50 % nos émissions de gaz à effet de serre.

Nous avons prévu d’y parvenir en recherchant en permanence le point d’équilibre entre la légitime aspiration de notre peuple à l’amélioration de ses conditions de vie, à la lutte contre la pauvreté et la nécessité de préserver l’environnement car, quelle que soit l’état dans lequel nous trouvons la terre en arrivant, ayons toujours à l’esprit ce proverbe indien qui nous rappelle que “l a terre n’est pas un don de nos parents, ce sont nos enfants qui nous la prêtent.”

Pour ce faire, le Gabon ne ménagera aucun effort pour réaliser sa transition énergétique.

De la même façon, nous poursuivrons la diminution de la pression exercée sur notre forêt en appliquant strictement notre code forestier, qui prévoit que la totalité des concessions forestières deviennent des concessions forestières sous aménagement durable. Tout en réduisant la superficie forestière sous exploitation de 16 millions d’hectares à 11 millions d’hectares en 2025.

La forêt gabonaise, qui représente notre première source d’émissions de gaz à effet de serre, constitue aussi notre plus important puits de carbone. Nous nous engageons à le conserver au mieux tout en œuvrant à assurer la sécurité alimentaire de notre peuple.

Pour y parvenir, le Gabon a adopté un outil de planification du développement durable : le Plan National d’Affectation des Terres qui garantira une utilisation rationnelle de notre forêt grâce à l’acquisition d’images satellitaires par un outil dédié et que nous mettons à la disposition des Etat qui sont engagés dans la même problématique.

Mesdames et Messieurs,

Le Gabon, pays côtier, est exposé aux vulnérabilités dues au changement climatiques sur les littoraux. Il nous faut nous y adapter. Mais cette adaptation ne saurait être l’affaire des seuls Etats concernés. D’où la nécessité du respect diligent des engagements pris par les uns et les autres dans le cadre de l’Accord de Paris et en tenant un juste compte des priorités nationales de chaque Partie.

Voilà pourquoi cette vingt-deuxième COP devrait être résolument placée sous le signe de l’action afin de préciser et compléter ce qui doit l’être pour passer des principes aux actes par le biais de l’organe chargé des mécanismes de mise en œuvre de l’Accord de Paris, dont je me félicite de la création.

Le Gabon en appelle donc à la sagesse des Parties afin que soit conservé l’esprit inclusif qui a permis l’adoption de cet Accord historique.

Nul ne doit être laissé sur le bord du chemin.

C’est sur cet espoir que je voudrai clore mon propos, tout en adressant à Sa Majesté le Roi et au peuple frère du Maroc ma gratitude pour l’accueil qui nous a été réservé et mes plus chaleureuses félicitations pour la qualité de l’organisation.

Je vous remercie

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