Affaire Ngambia contre l’état ou Magloire “Mamba”

Libreville, 12 avril 2019 (GabonInitiatives) – La détention préventive de l’ancien ministre, Magloire Ngambia, alimente les débats dans l’appareil judiciaire gabonais et remet, selon la défense de la victime, au grand jour la question des droits de l’homme au Gabon.

La lettre du continent dans son numéro du mercredi 10 avril 2019 faisait figurer un article dont le titre était “Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, l’atout judiciaire d’Ali Bongo”.

Toujours dans ce même article, l’on apprenait que le ministre avait reçu pour mission entre autre de suivre à Libreville le procès de l’ex ministre Magloire Ngambia et que l’an dernier, il avait veillé à ce que ce dernier et plusieurs de ses acolytes mêlés supposément au dossier SANTULLO puissent sortir de prison en attendant leur procès.

Seulement, si effectivement Mohamed Aït Ben Ali, Landry Oyaya, Bongo Rodrigue ont bénéficié de liberté d’office, provisoire et de relaxe tandis que Magloire Ngambia n’a jamais quitté la prison centrale de Libreville où il avait été placé sous mandat de dépôt le 10 janvier 2017.

Ainsi l’incident survenu le 13 mars dernier, à ce qui se voulait pour certains une audience d’ouverture de la session de la Cour Criminelle spéciale et le propos de la présidente sont sans équivoque sur le fait qu’il est toujours détenu voilà déjà plus de 2 ans, délai légale de détention préventive.

Il faut rappeler que cet article vient à la suite d’un autre paru après le report de l’audience du 13 mars 2019 faisant lui état d’une prétendue victoire de l’État gabonais en Suisse par l’obtention d’une décision autorisant l’accès aux comptes du groupe BTP SERICOM, mais à ce jour le silence observé après l’accès à ces comptes, semble simplement indiquer qu’il n’y avait aucun élément susceptible de venir étayer les accusations de l’État gabonais.

L’on se pose donc la question de savoir sur quel éléments l’opération ” Mamba “ a été lancée ? Les dossiers ouverts et les personnes incarcérées? La conséquence est certainement qu’aujourd’hui les détentions devenues illégales et arbitraires des derniers détenus de l’opération “Mamba” laissent à réfléchir.

Selon le conseil de Magloire Ngambia, les magistrats peineraient à prendre leurs responsabilités et leur client, quant à lui refuserait une mesure de résidence surveillée.

D’autres questions pourraient être soulevées comme celle de savoir qui paieraient pour cette surveillance ? À qui reviendrait le choix de cette résidence et quelle unité en assurerait la sécurité ? Sinon simplement se poser la question de savoir pourquoi tant de mesures pour Magloire Ngambia?

Le Syndicat Nationales des Magistrats (SYNAMAG), dénonçait pourtant il y a peu, le système de “dossiers signalé” et du maintien en détention de détenus en violation de la loi.

Toujours selon des sources proches du dossier, la demande d’aide du ministre de la justice gabonaise à la France, la saisine des conseils du détenu d’une procédure devant le ministre et le ministère contre la présidente de la Cour Criminelle spéciale et la problématique toujours pendante du décret sont autant d’éléments qui démontrent que la légalité pour la tenue d’un quelconque procès pose problème.

Rappelons que l’État gabonais est en contentieux avec le groupe SANTULLO SERICOM pour exactement 380 milliards représentant le montant total des marchés obtenus. Magloire Ngambia est lui poursuivi en définitive pour un montant de 4 milliards, comme le précisait déjà le quotidien l’Union dans sa parution du 11 mars 2019, représentant une facture contestée par l’État et payée au Groupe SANTULLO SERICOM par le trésor public, on est donc bien loin des 500 milliards annoncés, sauf à défaut de prouver le contraire.

Le Gabon doit-il être éternellement et de façon incessante interpellé pour des questions de droits de l’homme ? Affaire à suivre.

Crédit photo : DR

GI/SCAK/NN/MKKK/19